En Iran, le courage des femmes

On parle beaucoup de l’Iran en ce moment (LIRE L’ARTICLE). Il est difficile, en tant que citoyens lambda, de comprendre les vraies raisons de l’affrontement des grandes puissances avec ce pays. Les « apparences » nous montrent une Amérique impériale qui refuse l’arme nucléaire à ce pays, comme à la Corée du Nord. Rappelons que les US, 5% de la population de la planète, ont un budget équivalent à 40% du budget mondial de l’armement. C’est la première nation à avoir acquis l’arme nucléaire et  s’en être servie contre son ennemi en 1945.

Les Etats-Unis acceptent cette arme extrême pour Israël, le Pakistan, l’Inde, la Chine, la Russie, et bien sûr ses alliés la France et le Royaume-Uni. Qu’est-ce qui les autorise  à décider des moyens de défense de peuples indépendants ??

Rien ne permet de penser aujourd’hui que n’importe quel pays ne puisse pas passer dans les mains d’individus ou de partis incontrôlables. L’autorité occidentale s’est ramollie dangereusement. Le vote parlementaire sous tutelle ne nous protège pas des barbares idéologues.

Ce qui est intéressant, c’est d’essayer de trouver une explication sociologique et civilisationnelle au comportement d’individus qui contestent des décisions bien plus que le système établi dans leurs pays respectifs. On parle de démocratie participative ou directe. N’oublions pas que les philosophes des « lumières » considéraient les systèmes représentatifs comme des « oligarchies libérales ».

Je crois en la valeur scientifique du système économie de marché. L’histoire nous montre que son mécanisme a impacté le bien-être des hommes. Comment décrypter ce qu’il se passe à Hong Kong où deux millions de diplômés (sur une population de 7 millions) manifestent contre leur pays, ou au Venezuela où la population ose élire un 2e Président. C’est d’abord le courage qu’il faut saluer, le courage de ne pas se laisser manipuler et d’essayer de comprendre et d’infiltrer le système.

Et que dire donc de ces iraniennes qui bravent les pires punitions d’une idéologie théocratique ignoble pour les femmes ? (voir article ici). Elles enlèvent leur voile sur les réseaux, elles sont des centaines à être arrêtées. Beaucoup d’autres ont peur et ne veulent pas savoir ou voir.

C’est comme au temps de la Résistance contre les nazis, une infime minorité pour faire front à l’inacceptable. Ne jetons pas la pierre à ceux qui reconnaissent le mal mais ne veulent pas le combattre, nous sommes biologiquement tous différents.   Même si Einstein a dit : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

En toute humilité, loin du cabotinage, j’aime à penser que j’aurais bravé le risque d’être torturé ou fusillé. Plus le temps passe, plus je suis attaché au principe de Liberté et de justice. « Vivons cachés pour vivre heureux » : Ok !   Mais pas se cacher pour ne pas voir l’infâme.

En 2007, j’ai osé déposer une plainte contre un juge. Ma plainte a été relayée par le député qui présidait la commission Outreau (j’ai sa lettre), ainsi que par Rachida Dati, ministre de la justice à l’époque (j’ai la lettre). Je reprochais à ce juge de Cour d’appel une partialité outrancière. Sans réponse, mes avocats m’ont dit que la magistrature ne trouvait pas à contredire ma requête, mais qu’ils ne voulaient pas non plus censurer leur pair ; qui plus est dans le cadre d’une loi de 2004 qui incitait les juges à revenir sur des (leurs) jugements mal appréciés.

Depuis, je suis retourné en Cour d’appel. Sans plus de succès.  

J’ai le sentiment d’être moi aussi sur le fameux « mur des cons » qui affichait la photo ou le nom d’un certain nombre de personnes connues qui avaient critiqué les juges.

Je pense souvent à Bernard Tapie et au psychodrame qu’il vit depuis tant d’années. J’ai lu tous les ouvrages qui ont parlé de cette affaire politico financière, aucun des arguments contre son adversaire n’a jamais été puni pour faux ou diffamation. J’ai toujours cru que Tapie était victime de son audace et de ses dénonciations publiques.

Je pense maintenant à Carlos Ghosn et je m’interroge sur le fait qu’on le tienne à distance et qu’on lui refuse la parole et celle de son épouse qu’on lui empêche de voir.

Je ne suis pas le défenseur des grands patrons -ils n’ont pas besoin de moi- mais je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui « résisteraient » comme eux. Je pense aussi que ces personnages hors norme, ont créé beaucoup plus de richesses pour le pays que tout homme politique qui est plus dans la séduction que dans la résistance et le « doing ».

Comme dans toute corporation, il y a des moutons noirs. Patiemment, je reste confiant en la justice, et comme dit Maître Dupond Moretti : « il existe de grands juges, c’est le troupeau qui est petit ». J’espère que les moutons noirs seront obligés de quitter le troupeau…

Bien sûr, quand on a eu un morceau de vie comme celui que je viens de raconter, on finit par se heurter aux mêmes obstacles. Dans mon petit village de Provence, je n’avais que des amis, jusqu’au jour où des soupçons sur la gestion municipale me sont apparus.

J’aurais pu m’abstenir de demander des comptes pour les autres habitants qui commençaient à maugréer. Je vis confortablement, je n’ai jamais été jaloux du bien-être d’autrui, ni frustré de quelque façon. En plus, on insiste sur les risques que je prends à essayer de dévoiler les « accommodements » que prendrait un quarteron d’élus. La peur n’habite pas la conviction loyale.

Je reste décidé à dénoncer la partialité de certains juges et le favoritisme arbitraire  de certains élus.

« Les monarchies meurent du favoritisme. Les démocraties ont le leur, il se nomme démagogie.

Et elles en meurent aussi »

Jacques de Lacretelle

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