La réalité rattrape nos institutions

J’ai envie de parler des gens « normaux », ceux qui ne passent pas leur temps à protester, à casser, à quémander de l’aide, à colmater leurs insuffisances, à n’avoir aucun courage de comprendre et de s’élever dans l’échelle sociale.
J’ai tendance à penser que ces paisibles sont la majorité des français, sans compter qu’ils seraient encore plus nombreux si les plus influençables, les suiveurs, les naïfs, qui s’enivrent des paroles des harangueurs professionnels, venaient les rejoindre.

Reste donc, une minorité qui croit ou qui veut faire croire que leur monde n’est pas compris par les autres : les « riches », les diplômés, les travailleurs, les ambitieux, ceux qui comprennent notre société et s’y adaptent avec discernement et volonté. Une minorité qui empoisonne la vie sociale et économique d’un pays. Une minorité qui se prend en pleine face le boomerang de son ignorance. Des travestis frustrés qui veulent la mort d’une technocratie qui s’est fait élire contre l’absolutisme idéologique politique venant après une révolution sanglante, contre l’absolutisme religieux.

Il n’est pourtant pas question de mépriser la vraie détresse de certains. Une détresse qui ne vient pas d’une action économique qui n’a pas encore produit ses effets. L’absence de cajolerie sociale pourrait prouver sa neutralité technique.
Le Président, c’est un patron style Arnault, Bouygues ou Pinault, il actionne des mécanismes inconnus du plus grand nombre, pour une prospérité long terme -Il faut regarder les résultats socioéconomiques des grandes entreprises pour se convaincre de cela- A mon avis, son seul défaut, c’est de ne pas adapter sa communication à son auditoire. Pour qu’une stratégie réussisse il faut en imprégner tous les acteurs. Le Président est trop pressé, il ne prend pas le temps d’expliquer à sa cohorte jeuniste, diplômée et inculte en pédagogie entrepreneuriale.
Le grand sociologue JP Le Goff déplore : « l’opposition caricaturale entre gilets jaunes et jeunes députés de la majorité hors sol ».

Le Point vient de publier : « le zéro pointé des français en économie » et « le paradoxe des revendications »… On se plaint sans comprendre l’origine de ses problèmes.  Ceux qui statistiquement sont les plus assistés socialement, mais aussi les moins travailleurs, se plaignent de conséquences en trichant sur les causes. Il faut que le plus grand nombre comprenne que nous sommes dans un système de vases communiquants, que nous n’habitons pas la France ou la Bretagne, mais la planète. Les échanges et la concurrence économiques ne s’arrêtent pas aux frontières, comme le nuage de Tchernobyl. La compétitivité de nos entreprises c’est les canons de Napoléon ou la 2e DB du général Leclerc.
La mondialisation est une réalité darwinienne. Ce n’est pas une idéologie complotiste qui ne profite qu’à un petit nombre. C’est, depuis la chute du communisme soviétique et maoïste, le champ de bataille économique des peuples libres et émancipés.

Attention au jeu de chaises musicales, les braillards jaunes vont être bernés par une dissolution qui sacralisera une figure exotique au plan international, une figure populiste qui siège au parlement européen sans être bilingue, sans rien comprendre à l’appareil économique et monétaire.
Cohabiter avec Macron c’est la mort politique assurée d’un pantin électoral.

La caste institutionnelle doit aussi, et très rapidement, se remettre en question. Cette caste ne peut pas continuer à entretenir son entre soi, elle ne peut être dans la continuité d’un vieux Clergé  rétenteur de savoir, figé dans ses dogmes et ses secrets.

Ces institutions (Gouvernement, Sénat, Justice et lois) apparaissent décalées dans ce monde international, en effervescence technologique. La finance en profite pour les phagocyter. Les banques privées et centrales font la loi depuis longtemps.
Tout récemment un texte sur « l’abus de droit en matière fiscale » prétend fliquer les dribbleurs de la fiscalité, ceux que les « riches » peuvent se payer. C’est un signe vers la détestation de « l’argent gagné en dormant » de Mitterrand de « l’argent immobile » qui tue l’économie réelle de… Macron.

Le réalisme économique rattrape le Législateur et la Justice.

La loi explicite c’est la stratégie économique et sociale implicite.
La vraie, la bonne Justice c’est, en matière civile, une vision contractuelle. Il faut absolument bannir dans ce domaine, la souveraineté subjective des magistrats. La psychologie compassionnelle à deux balles et l’appréciation en forme de conflits d’intérêts recèlent un combat sexiste désuet ou une superficialité partiale.
Quand on a 18 minutes pour examiner un divorce après une vie de plusieurs décennies, on s’astreint aux chiffres jurisprudentiels ou aux barèmes conventionnels.

Quand un juge aux affaires familiales est statistiquement à 90% de sexe féminin et 50% divorcé, peut-il « apprécier » professionnellement et impartialement le montant d’une prestation compensatoire à payer par un homme (90%) qui travaille dur et qui réussit ?? Cet homme, c’est parfois un entrepreneur qui va sacrifier son entreprise et ses salariés pour « compenser » le train de vie de son conjoint. Cet homme « libre » va devoir imposer sa dette conjugale à sa 2e épouse et à ses héritiers…

Les magistrats refusent la mécanisation du calcul des pensions alimentaires et des prestations compensatoires. Le Législateur (les parlementaires) se laisse intimider. Déjà, le barème des indemnités de licenciement avait hérissé le poil de la magistrature.
Madame Taubira a bousculé ce monde poussiéreux et sectaire. Elle a imposé le « mariage pour tous », le « divorce sans juge » et surtout la loi « République numérique » de 2016 avec son open data. Les juges civils doivent « tenir compte » de ce référentiel juridique pour échapper à la pifométrie des écarts discriminatoires (égalité devant la loi).
La légalité de la révision des prestations compensatoires (Loi 2004 et 2015) ne produit que peu d’effets, parce que les juges ne veulent pas revenir sur leurs décisions mal évaluées. Tous les prétextes sont bons à sous-entendre une lutte des classes qui ne dit pas son nom, ou une lutte sexiste qui protège les rentières oisives de la prestation compensatoire.

Le mariage civil doit être un vrai contrat qui prévoit la clause de rupture par… consentement mutuel. La révision des rentes et des pensions alimentaires doit être automatique selon des barèmes jurisprudentiels et équitables.

STOP aux pugilats onéreux et destructeurs des prétoires, STOP à la démagogie voyeuriste. VIVE la liberté responsable, VIVE l’émancipation de la vie privée.

                                                                                            Guy Benon

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