Les enfants de 2050 remercient les utopistes-ignorants de 2018

On a beaucoup écrit sur « le péril jaune », aujourd’hui il se réincarne sur nos ronds-points. La liesse populaire, une fois encore, nous entraîne vers l’abîme de l’ignorance.  « La liberté commence où l’ignorance finit » (Victor Hugo). L’ignorance c’est l’état naturel, presque bestial (j’ai faim, je veux plus…), çà peut être le chaos. L’ignorance c’est le contraire de se poser les bonnes questions.

Tous les pouvoirs (politique, justice, religieux) se nourrissent de l’ignorance pour imposer aux masses leur influence à travers la soumission, la culpabilité, la désinformation et par l’assujettissement. Le président actuel, par honnêteté intellectuelle et par culture, s’est attaqué habilement aux causes plutôt qu’aux symptômes conséquentiels. Sa pédagogie est communicative bien que violente, elle est directe et contraire à la musique douce des anciens politiques pleutres et inefficaces.

Il n’est pas ici question de jouer les professeurs ou les « je sais tout », cela irait a contrario de l’explication voulue au travers de ce texte. Qu’il soit dit que chacun a droit au respect de son expression et de ses idées. Qu’il soit Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, 54 ans, l’homme le plus riche du monde, ayant eu longtemps son sac de couchage dans son bureau, né de parents modestes, élevé par un père adoptif Cubain, qu’il soit Monsieur Dupont, petit cadre propriétaire de son petit pavillon rentrant chez lui tous les jours à 17h et travaillant 4 jours par semaine, ou Monsieur Martin qui vit en location, ayant investi ses économies dans un commerce ouvert 6 jours sur 7 pour gagner sa vie.

Nous sommes tous différents, la différence c’est la vie, nous ne sommes pas tous sur la même échelle des besoins (Maslow) et des valeurs.

« Il faut que chacun soit bien ce qu’il doit être et que l’harmonie naisse des différences »(Alain).

Que les protestataires en gilets jaunes manifestent leur colère – je l’ai déjà écrit – cela est normal et même démocratique. En plus, les chiffres leur donnent raison, nous sommes le pays le plus fiscalisé, à cause d’une dépense publique mammouthissime !!

L’ignorance a commencé là où la manifestation s’est alimentée d’un réel constat d’appauvrissement, sans en connaître la cause. Personne ne doit avoir honte de cette impulsivité, elle est présente chez les analystes les plus brillants, en particulier chez les journalistes.

Mettre en cause l’arrogance ou le mépris d’un président n’est pas du tout le sujet. C’est comme si vous disiez qu’un éminent chirurgien ne peut pas être compétent parce qu’il est grossier et chauve. La connaissance, le contraire de l’ignorance et de l’apriori, doit nous faire poser les bonnes questions.

Comment se fait-il que nous payons tant d’impôts et taxes et que les bas salaires ne permettent pas de vivre correctement ? Est-ce la faute d’un homme qui est aux commandes depuis 18 mois ou celle d’un système, d’un modèle social, qui démontre depuis plusieurs décennies qu’il n’arrive pas à endiguer le chômage et la précarité ?? Comment font les pays qui n’ont pas ou moins ces problèmes ?

Le bon sens même peut-il admettre que dans un pays aussi endetté que le nôtre, produisant un budget déficitaire (donc augmentant la dette chaque année) on puisse continuer à distribuer des subsides aux pommés de l’interdépendance planétaire ? Les français en majorité veulent que les immigrés s’intègrent dans notre civilisation, qu’ils commencent eux-mêmes par s’intégrer dans le fonctionnement concurrentiel du monde.

Dans une grande entreprise, la faute la plus impardonnable du dirigeant est de prévoir un budget qui ne correspond pas aux ressources. Un budget qui paie un fonctionnement inadéquat et improductif. Un budget qui ne satisfait pas les attentes des bénéficiaires. Alors, oui nous pouvons incriminer le président qui a tous les pouvoirs, mais le temps long de la politique et de l’économie doit nous obliger à désigner les prédécesseurs, dont le plus concerné par cette mauvaise gestion : celui de 81 qui a amorcé la pompe de l’irrationnel et du compassionnel malhonnête.

Notre malheur c’est qu’il y a beaucoup d’amateurisme de chaque côté. Amateurisme politique pour nos dirigeants ; manque d’expérience de vie civile et surtout d’entreprise, pour de multiples conseillers et parlementaires, trop jeunes, trop « sortie d’école », trop fonctionnaires et trop théoriciens. Amateurisme des protestataires déclassés (chômeurs, smicards…), qui ne s’intéressent pas ou très peu à la réalité politico-économique du monde. Ils s’enferment dans leur précarité, sans rechercher les moyens d’en sortir. A peine 10% d’entre eux sont capables de comprendre les débats ou les reportages qui parlent de macro-économie. Ils ne veulent même pas savoir comment fonctionne l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Seuls les non résignés s’en sortent et accèdent à un étage social supérieur. Il y en a ! Donc c’est possible d’améliorer sa situation dans un pays libre ! Possible, sans faire l’aumône à un état qui l’a déjà trop fait !!

J’éprouve une peur jouissive que les « jaunes » obtiennent le départ du président et du gouvernement. Déjà, je m’étais exprimé sur la sarkophobie à l’élection du « président normal ». Je jubile d’attendre l’accouchement de ce nouvel éden populiste. Les revendications utopiques vont réanimer la démagogie électoraliste. Le smic à 1800 euros, la retraite minimum à 1500 euros et à 59 ans, rétablissement de l’ISF, 39 heures… en 2 semaines, pas de licenciements, indemnités chômage pendant 10 ans….

Les vrais créateurs de richesses (diplômés, entrepreneurs, détenteurs de capitaux) vont bien sûr partir ou repartir, les investisseurs étrangers vont fuir et les plus courageux vont se décourager à voir qu’ils ne gagnent pas plus que les « fainéants ».
La Corée du Nord quoi !!

« On ne peut faire de social sans l’Economie » a dit Jacques Delors qui a renoncé à diriger notre pays.

Personne n’est capable de changer ce pays. Dans 10 ans, la France c’est la Grèce de 2010, dans 20 ans c’est le Vénézuela de Chavez (le copain de Merluche), dans 30 ans c’est la Palestine au milieu de l’Europe riche. En 1860, notre pays était la 2e puissance éco du monde, en 2050, elle sera probablement à la 18e place, derrière la Turquie, le Nigéria, l’Egypte et l’Iran… 

Merci la politique et sa basse-cour !!

Guy Benon
Écrit le 6 Décembre 2018

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