ISF ou ISD, « un concours de démagogie ».

Je crois que ceux qui comprennent le monde dans lequel on vit apprécieront l’extrait de l’éditorial de Gaëtan de Capèle.

« Dans un pays gangrené par la lutte des classes, où l’on jalouse la réussite et où faire fortune est hautement suspect… l’ISF est l’emblème de la frustration de ceux qui sont incapables de faire en sorte de la payer. Un tas de gens qui paient cet impôt ont travaillé dur, bien au dessus de la moyenne, pour acquérir des biens et des revenus qui les distinguent fiscalement. C’est eux aussi qui contribuent, plus que d’autres, à améliorer la vie de « fainéants » et de profiteurs qui combinent petits boulots au black avec allocations chômage »

L’ISD c’est pareil !!   ISD= impôt solidarité sur la disparitéLa disparité c’est le truc que l’état a inventé pour éviter de payer des allocs à une personne qui s’est servie du mariage pour devenir dépendante (enfin… accro à l’assistanat quoi !). Souvent le juge (qui sait tout de la vie de couple…), encourage cette personne à dire qu’elle a « sacrifié » sa vie professionnelle pour s’occuper des marmots et laisser son mari trimer 12 heures par jour (c’est souvent un cadre ou un commerçant).  Bien sûr, très souvent les gosses ont 25, 30 ou 40 ans au moment du divorce ; la nounou à la maison pleure qu’elle ne peut pas reprendre un boulot (eh oui, elle s’est habituée à rester au chaud, à faire du shopping avec les copines ou aller au club de gym). Aujourd’hui, 80% des femmes ayant au moins deux enfants travaillent (Insee).
Bon !  le juge i réfléchit quand même… Il regarde la fiche de paie du Monsieur et voit qu’il gagne 5 fois plus que lui !!  Ah, c’est un riche !.    Souvent le juge (JAF) c’est une femme (98%), et statistiquement une sur deux est divorcée…  Bon la « disparité » c’est lumineux !  maintenant combien çà vaut ?   On fait un bouillon avec les années mariages, l’âges des requérants, leurs qualif prof, le patrimoine, la longueur des pieds de la belle-mère et les droits à la retraite qu’on connait, bien sûr, 10 ou 20 ans à l’avance…  Puis notre juge rentre en transe  et, sentencieux dit : « ben, c’est 100 000, 150 000 ou 250 000 euros… ben oui, il faut vendre la maison héritée de vos parents ou faire un prêt… » .

Encore, un capital, c’est 4 à 6 fois moins qu’une rente à vie que les juges appliquaient avant 2004. Oui, une rente à vie ! mais c’est bien sûr !  …parce que le juge i voyait bien « l’avenir prévisible » sur 20 ou 30 ans ; plus fort que les économistes et les voyantes. Le législateur s’est aperçu de la connerie et a fait des lois de… révision des rentes (en 2004). Les juges n’aiment pas se déjuger ; heureusement la loi (hypocrite) a prévu qu’il fallait des changements…. « importants » dans la situation du débiteur (souvent l’ex mari). C’est « important » d’être au chômage ?   Ben non, il y en a 3 millions… alors !! et puis celui qui doit payer avec le fruit de son travail… il fait exprès… (moi, le juge il a écrit que j’avais le « potentiel » à gagner tant… Au moment de ma retraite, la rente a même doublé !).

C’est rigolo hein ??  Vous n’y croyez pas ??  Oui, vous restez avec bobonne pour ne pas payer, vous vivez votre vie, parfois même vous ne vivez plus ensemble, sans passer par la case « divorce »… plutôt par la « caisse divorce ». C’est vous le plus malin. J’ai oublié de regarder les statistiques au moment de mon divorce :  75% des citoyens se méfiaient de leur justice (IFOP). La Justice, elle, oublie que le Conseil constitutionnel a bloqué le taux de 75% d’impôt en 2013 et qu’il considère que le taux marginal d’imposition au-delà de 60% devient… »confiscatoire ». La prestation compensatoire représente à elle seule 33% de mes revenus ; avec le reste (IR+CSG+Taxes locales), je dépasse ce niveau… Il faut quand même dire, que les choses se sont un peu arrangées sous Taubira (mariage pour tous, loi sur la révision des rentes, consentement mutuel, divorce sans juge…). Espérons que le pragmatisme du gouvernement actuel permettra d’ouvrir les yeux sur cette immense immoralité des juges qui se foutent de l’abus de droit de l’état.

Cet état incapable lui-même de gérer l’équilibre recettes-dépenses, vivant au-dessus de ses moyens depuis des décennies. Cet état qui veut faire la leçon (par les juges) aux couples mariés, comme à ceux qui cherchent à optimiser leur fiscalité (comme les retraités qui partent vivre au Portugal). Résultat ?  ceux qui ont un peu de capital à protéger, partent et réduisent la capacité d’investissement et d’innovation dans notre industrie (chômage et déficit commercial). Quant au divorce : on ne divorce plus, on se sépare ; on ne se marie plus, on se pacse ou on vit ensemble sans le dire à l’état. La « stratégie d’adaptation » Darwinienne est passée par là…  CQFD.

Guy Benon

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2 commentaires

  1. Mon Cher Guy,

    J’adhère tout à fait a ton analyse quelque peu tournée en dérision, mais c’est bien celà que nous subissons aujourd »hui. J’atteste et je confirme que la plupart des juges sont des femmes, lors de la première instance à BESANCON c’était le cas, résultat, la prestation compensatoire a été diminuée de moitié malgré la mise en évidence d’un concubinage notoire , (achat d’une maison en indivis), achat d’ un véhicule automobile, partage des frais et d’une vie de communauté avérée. J’ai donc fait appel, et devines sur qui je suis tombé lors de ce second procès en Cour d’appel à BESANCON – UNE COLLEGIALITE DES JUGES FEMMES – LE DOSSIER A ETE DEFENDU PAR UN AVOCAT BISONTIN QUE TU CONNAIS – ET LA COUR N’A PAS RETENU L’AVANTAGE MANIFESTEMENT EXCESSIF, PAS PLUS QUE LE CONCUBINAGE QUI EXISTE DEPUIS PLUS DE 10 ANNEES.
    QUE DOIT-ON FAIRE AUJOURD’HUI LORSQUE L’ON EST DIVORCE AVANT LA LOI DE 2004, MALGRE LES REFORMES QUI ONT ETE ENTREPRISES ? CORDIALES SAUTATIONS

  2. J’ai assisté un ami, ancien cadre chez Total, qui avait perdu, comme toi, en appel. Je l’ai dirigé vers Maître Patrice Spinosi, un grand avocat. Je lui ai écrit pour l’orienter vers l’esprit de la loi et toute l’histoire qui nous a conduit, les débirentiers, a essayé de faire supprimer cette absurdité. Une « punition » qui n’existe nulle part ailleurs en Europe, y compris dans les très catho Italie, Espagne et Portugal.
    Nous avons obtenu gain de cause et l’appel doit être rejugé.

    Si tu n’as pas encore eu la signification de ton appel, dis-le moi nous pourrions aller en cassation.

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