JUILLET 2017 : FRAICHEUR PÉDAGOGIQUE D’UN DISCOURS POLITIQUE

Ne nous rangeons pas derrière ces jaloux critiques qui admonestent d’emblée le discours présidentiel de ce 3 Juillet. « Pas concret », « lyrique »… attendent-ils la continuité de l’infantilisme qui prévalait jusqu’ici ? leur faut-il un carnet de route détaillé ?… tournez à droite, arrêtez-vous au stop, roulez  lentement, passez au vert …etc.

La hauteur d’un discours se caractérise par la projection d’idées et de volontés. Peu importe la forme, écoutons le fond, réfléchissons et matérialisons ces impulsions à chacun de nos niveaux.  Beaucoup de Français-Gaulois sont restés des râleurs, jamais contents, jaloux de la réussite des autres, pessimistes, attentistes, pseudo humanistes paresseux, quémandeurs, addicts aux allocs…

Retrouver une liberté dont nous ont privé les étatistes.

« Les Français sont assez intelligents pour faire leur chemin tout seuls. Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionniste public, c’est l’état lui-même« .

« Rendre aux Français l’autonomie qu’on leur a confisquéesouhaiter leur redonner les moyens de peser efficacement sur leur destin »

« Ne pas transformer les plus faibles en assistés permanents de l’Etat. »

(E. Macron)

Comment peut-on trouver ces mots, ces phrases sans sens profond ? Quel bouleversement dans les mentalités !  Soyons honnêtes, le Président nous met habilement devant nos responsabilités. C’est un guide, un vrai chef !

Les traine-savates ont du souci à se faire. Il va falloir abandonner le remorquage à l’état providence.

Privatiser le divorce kolkhozien des chasseurs de primes.

Le divorce contentieux, issu d’un mariage civil mascarade, est depuis 40 ans, le théâtre d’un marchandage inique. La sanction sexiste (à 90% attribuée à l’homme), la prestation compensatoire, est calculée en fonction du niveau de bronzage du condamné… c’est absurde, mais presque la réalité.

Les jugements présentent des écarts « d’appréciation » considérables.

Après la détermination de ce discours suprême, rien ne peut faire perdurer ces procès de la vie privée, des libertés et des responsabilités individuelles.

La rente viagère (payable jusqu’à la fin de vie de la créditrice) payée encore par 55 000 pauvres mecs piégés, n’est-elle pas contraire à cette « autonomie » qu’on doit rendre ? ou à cette « transformation » d’assistés permanents par le… débirentier à défaut de l’Etat ??

Monsieur le Président, nous croyons que vous êtes sincère.  Soyez juste, et examinez le cas de ces milliers d’ex-maris  contraints de continuer à entretenir leurs ex-épouses depuis 20, 30 ou 40 ans.

Les juges et les avocats les spolient (ainsi que leurs héritiers) de 20 à 50% de leurs revenus du travail, de leurs retraites.

La justice politique fait ce que vous n’aimez pas : elle discrimine l’homme par rapport à la femme, le marié par rapport au pacsé, l’ambitieux courageux par rapport à l’opportuniste paresseux.

Nous pensons que vous n’accepterez pas que l’état indemnise indéfiniment des travailleurs potentiels qui ne veulent pas travailler. Pourquoi la justice d’état sanctifie t-elle une pension perpétuelle plutôt que les capacités à s’autonomiser, comme dans les pays anglo-saxons ??

Votre loi du travail veut limiter les indemnités de licenciement…

Le terrain de jeux des moralistes naïfs et corporatistes.

Confondre légalité et moralité conduit insidieusement au populisme, affirme Luc Ferry. L’infantilisation des divorcés ne régalent que les donneurs de leçons, les voyeurs et les caisses des avocats. Les juges instrumentalisent le divorce pour pérenniser une souveraineté arbitraire qui ne grandit pas leur métier.

Le législateur timoré édulcore la loi qui permettrait de revenir sur des erreurs sociétales profondes. Depuis 1975, les juges interprètent la loi, si bien dite par le grand juriste Carbonnier. La Justice rechigne à appliquer l’esprit des lois de 2004 et 2015. Les avocats craignent la disparition du divorce judiciaire et dissuadent leurs clients de faire réviser des conditions antérieures.

« Le divorce sans juge » a cédé au corporatisme des notaires et des avocats, toujours au détriment des justiciables. Comment concilier dans un face à face professionnel ? Le conflit émotionnel ne conduit pas à la neutralité de la médiation. Le dogme moraliste et religieuxcontinue d’envahir les certitudes judiciaires.

Faisons du mariage un vrai engagement contractuel, et du divorce une rupture de contrat qui ne verra le juge que si celle-ci ne respecte pas la clause conclue au moment de l’union. « ..leur redonner les moyens de peser efficacement sur leur destin »

 

« Redonner une voix à ceux qui n’en ont pas » (E.Macron)

La prolifération législative que ne veut plus notre Président a perverti le processus du divorce. Madame Taubira n’a pu que constater que l’encombrement des tribunaux civils était du à 80% aux divorces contentieux. Les textes de 2004 n’ont amené que de la confusion, des tensions, une iniquité de punition entre les justiciables, surtout le découragement des moins aisés.

Les termes de la loi « changements importants », « avantage excessif » ou « à titre exceptionnel » laissent augurer de l’appréciation élastique du juge.

A lois subjectives réponses argumentatives tout aussi subjectives ; les avocats s’en donnent à cœur joie, ils profitent de l’immunité de leurs mensonges et disent n’importe quoi ; les jeux de rôles fascinent les juges. Tantôt Cosette abandonnée face au fringant quinqua bénéficiant d’une vie « somptuaire » (les avocats adorent ce mot) ;  tantôt  pauvre femme qui ne trouve pas de travail, ayant « sacrifié sa carrière » pour des enfants qui sont autonomes depuis 10 ou 20 ans.

Le théâtre de boulevard est dans les prétoires, et tout le monde reste sérieux…

L’échec des lois imprécises et l’empilement des dénis de justice ouvrent la voie aux associations comme la nôtre qui sont capables de proposer des règles pragmatiques et des résolutions apaisantes.

 

 

 

 

                                            

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