JUIN 2017 : le divorce ou la tyrannie de l’égalitarisme

Le divorce occupe une place particulière au sein de la justice. Le pouvoir étatique s’immisce dans l’intimité du couple en violant une des lois les plus attachées aux droits de l’homme : le respect de la vie privée. Il y a de nombreux écrits sur le sujet ; certains affirment que l’ordre judiciaire intervient pour défendre le plus faible, souvent la femme, comme certitude antédiluvienne de la hiérarchie originelle. Ces conformistes compassionnels sont souvent d’essence catholique, et au fond, inféodés (suivistes) presque inconsciemment à la vulgate papale. Pour ceux-là, citoyens, parlementaires, dirigeants ou juges, le divorce c’est mal. Le divorce se révèle être un délit plutôt qu’une liberté, il réclame une sanction.  La bible exprime clairement cette vertu d’indissolubilité du mariage.

Les juges du divorce s’obstinent à démontrer les écarts économiques inhérents à la rupture du mariage. La causalité de ces écarts est strictement de deux ordres. D’une part, la conjugalité génère, par la complémentarité, une synergie certaine.  Chacun des divorcés perd les effets de cette synergie (éco des moyens) ;  d’autre part, les écarts constatés sont souvent les mêmes qu’au moment du mariage, ils sont d’ordre naturel (capacités cognitives et volontaristes).   Soljenitsyne qui a vécu le marxisme jusque dans sa chair a dit:    « les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres, ils ne sont pas égaux, et s’ils sont égaux, c’est qu’ils ne sont pas libres ».

80% des femmes qui travaillent ont des enfants (insee). Peut-on affirmer que leurs enfants sont moins bien éduqués que  par une mère au foyer qui a abandonné sa carrière pro. ?  Les pères sont-ils totalement absents de l’éducation de leurs enfants ?

Le divorce n’est pas laïc

Le législateur reste marqué par la catholicité en voulant politiquement colmater ce que les différences divines imposent. La redistribution d’un côté, la prestation compensatoire de l’autre. La procédure du divorce n’est pas laïque, elle procède de la punition du plus nanti, sans autre raison que la recherche d’égalitarisme moralo-religieux évoquant l’hypocrite puissance cléricale.  La lapidation pour fait d’adultère, pratiquée dans de nombreux pays, participe du même raisonnement tyrannique. L’absence d’égalité des genres est proprement biblique.

On peut se demander quel est le véritable fondement de cette immixtion inquisitoire dans le tréfonds du secret conjugal ?   La famille a pu être un facteur de stabilité et d’émulation sociales. Mais le peuple français, s’il est conservateur et idéologue en matière d’économie, est très « progressiste » dans les mœurs.  Irène Théry (écrivain sociologue) dit : « Les gens ne veulent plus se marier, car ils ne veulent pas en passer par le divorce »

La violence du divorce tue le mariage

Le divorce liberticide des prétoires contribue à l’élimination progressive du mariage civil. En 40 ans d’identification du divorcé coupable et débiteur, le nombre de mariages civils a diminué de 200 000 par an. Il a fait place à toutes sortes d’unions non officielles. Comme au temps du droit de cuissage, quand les amants se cachaient pour échapper au droit du seigneur ecclésiastique. Le mariage est devenu une union à risques, mais surtout un piège machiavélique. L’état vous marie en mairie, dans un   à-peu-près juridique  (oral, pas de contrat, ni de clause de rupture), il vous divorce  par une procédure inquisitoire jargonneuse et à charge !

Le divorce ne traite que l’économique et ignore le psychologique

Le divorce a fait couler beaucoup d’encre, par ce qu’il évoque de l’intime et du sexuel. Certains philosophes et sociologues parlent de voyeurisme. L’Etat veut tout contrôler, même le matrimonial impénétrable. Le citoyen lambda est tenu de croire que sans cet état, il ne peut rien. Pourquoi se focaliser sur des différences de potentialités économiques et non psychologiques ? L’homme n’est-il pas plus ou aussi fragile que la femme dans l’isolement ou dans la perte d’amour ??  Les statistiques du suicide montrent que chez les divorcés, l’homme est de très loin celui qui succombe le plus à cette tentation. Le juge du divorce s’empresse d’évaluer le dommage causé par une disparité socio-économique qui naîtrait de décisions communes attachées au mariage ! On rêve éveillé dans l’opacité de l’histoire du couple !!

L’égalitarisme social  est politique, et sans doute d’inspiration catholique. L’égalitarisme en laïcité c’est nier les valeurs personnelles, produire de l’inculture et de la paresse. La judiciarisation des rapports humains conduit à une guerre de tous contre tous, à une emprise monarchique sur les libertés individuelles et au rabotage des consciences.

La discrimination sexuelle du divorce

La justice est superficielle dans le divorce parce qu’elle ne cherche qu’à faire supporter un déficit de niveau de vie par un des divorcés, plutôt que par la solidarité nationale, ce qui est constitutionnel.  Faire une distinction aprioriste entre le fort et le faible est une forme de discrimination, elle sous-entend une discrimination sexuelle.

Nous espérons que le pragmatisme protestant, qui semble prévaloir aujourd’hui, mettra de l’ordre dans ce divorce judiciaire qui prône une évaluation « souveraine » de la sentence. Cette évaluation démontre son anarchie jupitérienne dans les statistiques (infostat justice), les moyennes allant de 1 à 6 dans les montants de prestations compensatoires résultant de critères identiques.

Nous ne disons pas que « l’appréciation » du juge doit être totalement mécanique (Open data), mais elle ne doit pas être, non plus, totalement « humaine » pour devenir arbitraire et conflictuelle.

L’égalitarisme est un sophisme marxiste qui stimule « la lutte des classes ». Les couples qui sont sensés avoir pris en compte les plus et les moins de leur future union, doivent, au moment du mariage (et non du divorce) prévoir les conditions de leur possible séparation (consentement mutuel rédigé et formalisé).

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