MISO OU MISANDRE

miso misandreCette scène est emblématique d’une incompréhension culturelle. Ne blâmons pas trop vite cet homme qui vit sa réalité construite dans une certaine socialisation. Nous pourrions imaginer qu’il est honnête intellectuellement et qu’il ne comprend vraiment pas la réaction de cette fille issue de la même communauté. Cette fille qui a intégré un autre monde. C’est comme un chat qui lèverait la patte dans un monde de chiens.

Bien sûr, au premier degré, nous applaudissons cette policière qui vocifère tout ce qui a fait notre éducation, dans un monde libre et égalitaire. Mais l’homme décontenancé doit nous interpeller. L’altérité nous impose la réflexion.

Les sud-coréens mangent du chien, c’est horrible pour un français qui mange… du foie gras résultant de cruauté tout aussi blâmable.

 

En Turquie, une femme n’a pas le droit de chercher du travail, ni d’occuper un emploi, sans l’autorisation de son époux. Avons-nous oublié qu’il en était de même, il y a 50 ans, pour la femme française ? elle ne pouvait pas non plus ouvrir un compte en banque.  Cette même femme qui ne pouvait porter le pantalon et dont la loi (absurde aujourd’hui) n’a été abrogée qu’en… 2013 !  Dans les années 60, je me souviens que beaucoup de femmes portaient le foulard…

Savez-vous qu’il y a eu 10 300 suicides en 2012 ?  les ¾ sont des hommes, la 1ere cause de mortalité pour les hommes de 24 à 34 ans, les plus touchés sont les divorcés (source Insee).

Remplaçons cette policière si sympathique par une JAF (juge aux affaires familiales).  95% des JAF sont des femmes, elles ne sont pas toutes sexistes, comme sûrement cette policière (entourée de collègues hommes).

Stoïquement et objectivement, il n’est pas difficile d’imaginer que la juge, sur qui repose tout le poids d’un féminisme refoulé, soit encline à percevoir en l’homme le dominant de la femme. Résurgence d’un patriarcat pas si vieux, d’un atavisme sexué ancré dans les mémoires. Croyez-vous que cette policière exprime sa colère au travers de la loi ou de la condition des femmes de sa culture ?

Notre juge-policière, investie de la même force autoritaire, ne peut-elle pas être tentée de penser que l’homme est le premier corvéable du divorce. La femme ne travaillait pas, c’est donc la faute de l’homme. Elle avait des revenus inférieurs à son mari (ce qui est encore la moyenne nationale aujourd’hui), donc il doit « compenser » la différence.

Notre législateur et notre justice ne peuvent-ils s’immerger dans la société d’aujourd’hui et dans la culture de l’égalité réelle femme-homme ?

Le divorce met face à face deux adultes responsables. Le travail domestique ou l’éducation des enfants doivent être des tâches unisexes. La culture scandinave, à ce propos, nous démontre qu’il n’y a aucune dépendance quelconque entre la femme et l’homme.

Parlementaires et magistrats : soyez gentils de prendre un peu plus de recul sur le divorce judiciaire ; ne reléguez pas la femme à un rang qu’elle n’occupe plus.

Guy Benon 03/2017

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